Vu dans la presse : L'instruction deviendra obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée 2019, annonce l'Elysée (France TV Info)

Dès la rentrée 2019, l'instruction deviendra obligatoire à l'âge de 3 ans, annonce l'Elysée, mardi 27 mars.

Cette annonce devra officiellement être faite par Emmanuel Macron lors de l'inauguration des Assises de la maternelle à Paris, dans la journée. Actuellement, l'âge obligatoire d'entrée à l'école est de 6 ans, c'est-à-dire l'entrée au CP. 

Cette mesure, qui rendra la maternelle (ou la scolarisation à domicile) obligatoire et devra passer par une loi, ne concernera qu'environ 26 000 enfants puisque 97% d'entre eux sont déjà scolarisés dès cet âge, selon la DEPP (le département de statistiques du ministère de l'Education). 

Réforme de la formation initiale des professeurs en maternelle

Selon l'Elysée, "la décision d'abaisser l'âge de l'instruction obligatoire à trois ans traduit la volonté du président de la République de faire de l'école le lieu de l'égalité réelle et une reconnaissance de l'école maternelle, qui ne doit plus être considérée comme un mode de garde universel ou comme la simple préparation à l'école élémentaire".

Emmanuel Macron devrait aussi annoncer une réforme de la formation initiale et continue des professeurs en maternelle, ainsi que des Atsem, ces agents territoriaux qui assistent les instits dans les classes.

La réforme à venir de la maternelle succède à toute une série d'initiatives gouvernementales dans le domaine éducatif, après les classes de CP dédoublées dans les zones défavorisées, la modification de la procédure d'accès à l'université, la réforme du bac et de la formation professionnelle. 

La mesure devrait être effective pour la rentrée 2019.

Elle nécessitera la création d'environ 800 postes.

 

 

Source FranceTV Info 27/03/2018 :

https://www.francetvinfo.fr/societe/education/la-scolarite-deviendra-obligatoire-des-3-ans-a-partir-de-la-rentree-2019-annonce-l-elysee_2676336.html#xtor=CS1-746

 

 

 

 

 

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Rythmes scolaires : le gouvernement plie devant les maires et les enseignants

BHamon

Le ministre de l'Éducation nationale, Benoît Hamon, a annoncé vendredi matin que les écoles pourraient concentrer les activités périscolaires sur une seule demi-journée.

Crédits photo : STRINGER/AFP

 Le gouvernement est en passe de vider en partie la réforme des rythmes scolaires de sa substance et de son sens. Pour calmer la grogne. Benoît Hamon, le ministre de l'Éducation nationale, a répondu aux demandes de l'Association des maires de France (AMF) de regrouper les activités périscolaires sur une demi-journée. Et il caresse aussi les enseignants dans le sens du poil.

Il confirme les pistes qui avaient déjà été annoncées par le premier ministre, Manuel Valls. Ce dernier avait avancé l'idée de permettre aux municipalités «de regrouper certaines activités» car «c'est ça qui était demandé, avec un problème plus spécifique concernant les maternelles», avait-t-il indiqué. Depuis la nomination du nouveau gouvernement, Jacques Pélissard, le président de l'Association des maires de France, ne cessait de dire qu'«à défaut d'assouplissement, nous demanderons le report de la réforme», réclamant notamment un regroupement. Mais en annonçant ce regroupement, le gouvernement offre aussi sur un plateau d'argent une demi-journée de libre aux enseignants… De quoi calmer les ardeurs de ceux qui étaient encore opposés à la réforme.

 Des économies substantielles pour les communes

Concrètement, le nouveau texte donnera la possibilité aux maires de rassembler les activités périscolaires en une seule demi-journée pour permettre aux communes en milieu rural «de passer des partenariats avec des associations, avec un conservatoire, avec d'autres communes et d'organiser plus simplement ce temps périscolaire», a expliqué Benoît Hamon. Il est en effet plus facile pour les petites communes isolées de recruter des animateurs pour une seule session d'une heure et demie hebdomadaire plutôt que pour deux sessions de quarante-cinq minutes sur deux jours différents, comme la plupart des communes passées aux nouveaux rythmes se sont aujourd'hui organisées… Le temps de transport peut en effet être rédhibitoire pour ces personnes. Regrouper les activités sur une seule demi-journée, cela signifie aussi plus de facilités pour organiser une sortie scolaire ou à la piscine, par exemple. Et des coûts allégés pour les communes en terme de transports. Ces derniers jours, les petites communes ne cachaient plus, en effet, ne pas pouvoir faire face à une telle organisation et envisager des temps de garderie en lieu et place des activités ambitieuses annoncées.

Nouveauté inattendue, en revanche, les communes qui le souhaitent pourront alléger encore plus la semaine en allongeant le temps de travail des enseignants au détriment des vacances scolaires. Elles pourront passer par exemple de 24 heures à 23 heures par semaine mais ils devront rattraper ces heures. Ce système existait dans certaines communes, avant 2008, où les enseignants travaillaient quatre jours par semaine. En contrepartie, ils rentraient quelques jours plus tôt, au mois d'août. Selon le texte, il sera même possible de limiter la semaine à 20 heures. Une «proposition inacceptable et inconcevable» pour la chronobiologiste Claire Leconte car elle impliquerait de rogner sur sept semaines de vacances!

 

«Plus personne ne s'intéresse aux enfants»

Cette dernière observe par ailleurs des «aberrations» dans le projet. Une des possibilités dérogatoires dans le décret de Vincent Peillon, avec des matinées de plus de 3h30, n'existe plus. Munster, Épinal, Lille étaient ainsi organisées avec de longues matinées, un temps favorable aux apprentissages. «On ne comprend pas pourquoi ce n'est plus possible», indique Claire Leconte.

Seule certitude, selon elle, si les communes ont obtenu gain de cause, personne «une fois de plus ne s'intéresse aux enfants» alors que la clé de rythmes scolaires améliorés résiderait surtout, selon elle, dans une plus grande implication des enseignants: «Plus personne ne s'intéresse au fait que les enseignants ne sont pas impliqués. Le texte ne parle que de chiffres. On ne s'intéresse pas aux enfants. Ce que je demande, c'est qu'on s'intéresse à l'enfant apprenant. Comment peut-on penser que le fait d'alléger une journée d'une demi-heure ou deux heures va changer quelque chose? C'est au sein de l'école elle-même et dans les pratiques des enseignants que les choses doivent changer. La plupart des enfants continueront à avoir des journées qui commencent à 7h30 et se terminent à 18h30.»

 

Source Le Figaro 25/04/2014 :

 http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/04/25/01016-20140425ARTFIG00134-rythmes-scolaires-le-gouvernement-plie-devant-les-maires-et-les-enseignants.php

 

 

 

 

Article dans Le Monde (27/06/2012 ) : la carte scolaire

Carte scolaire : "Il y a bien une discrimination sociale, territoriale mais aussi scolaire, ne le nions pas"

 

La suppression de la carte scolaire devait consacrer le "libre choix" des familles, favoriser la mixité scolaire. Plus de cinq ans ont passé depuis l'engagement d'une réforme de la sectorisation pris par l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, et les données statistiques officielles restent rares. Des chercheurs, sociologues et universitaires, ces derniers mois, ont pointé les conséquences d'une réforme "en trompe-l'œil" – Marco Oberti, Edmond Préteceille, Clément Rivière, Nathalie Mons, Choukri Ben Ayed, Gabrielle Fack, Julien Grenet,...

 Mardi 26 juin, la commission de la culture, de l'éducation et de la communication du Sénat a adopté un rapport d'information sur la carte scolaire, qui devait être rendu public ce mercredi 27 juin après-midi. Après six mois de travaux, sa rapporteure, Françoise Cartron, sénatrice de Gironde (PS), dresse un bilan, décapant, du quinquennat écoulé sur cette question.

 A l'échelle nationale, l'assouplissement de la carte scolaire lancé par Xavier Darcos n'a pas produit les effets promis par l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, qui s'était engagé à sa suppression, en soutenant que cela favoriserait la mixité sociale dans les établissements et le libre choix des familles. Quelles sont les limites rencontrées sur le terrain ?

 Françoise Cartron : Il est certain qu'on n'a pas eu les effets escomptés. Il règne un malentendu, une vraie confusion – plus ou moins entretenue – dans l'esprit des parents : beaucoup pensent que la carte scolaire n'existe plus, alors même qu'elle perdure – autant qu'avant. En pratique, beaucoup de familles n'ont pu inscrire leur enfant dans l'établissement de leur choix, pour la simple et bonne raison que les classes sont déjà pleines, que les élèves du secteur sont restés prioritaires, et qu'on ne peut pas repousser les murs !

 Les élèves boursiers qui étaient censés bénéficier de la mesure n'y ont pas gagné grand-chose. Seulement 3 % des demandes de dérogation les concernent dans des départements comme la Seine-Saint-Denis et les Hauts-de-Seine. C'est dire s'ils se sont emparés de la réforme ! Cela a ajouté à la frustration de familles qui se sentent encore plus discriminées. Qui pensent que, lorsqu'elles sont "en compétition" avec d'autres pour obtenir une dérogation dans un établissement, elles ne peuvent pas "l'emporter"... Ces familles ne maîtrisent pas toujours les codes pour bien remplir les demandes, et le manque de transparence dans les critères d'attribution ajoute au sentiment d'injustice.

 Qui a su tirer profit de la réforme ?

 Au final, la réforme profite encore une fois à ceux qui maîtrisent les usages et les codes, ceux qui savent remplir les dossiers, savent se débrouiller dans le maquis de l'éducation nationale. L'assouplissement était fait pour remédier aux "stratégies de contournement" des classes supérieures, en particulier – ne nous en cachons-pas – d'enseignants. Quand vous observez l'évolution des effectifs des établissements, les conclusions qui s'imposent sont terribles : ce sont bien les milieux plus favorisés qui se sont emparés de la réforme, amplifiant l'"effet ségrégation" dans les collèges et lycées.

 Vous concluez de vos auditions et travaux que les conséquences de la réforme, à l'échelle nationale, ont été modestes mais non nulles. Que c'est à l'échelle locale que les conséquences les plus lourdes sont perceptibles. Un paradoxe ?

 Pas tant que ça. A l'échelle nationale, je le répète, les effets sont modestes parce que les capacités d'accueil dans les établissements sont contraintes : il y a assez peu de mouvement en volume, en termes d'effectifs d'élèves, d'un établissement à l'autre - les obtentions de dérogation augmentent peu. Mais l'évolution est importante en termes de sociologie des établissements. Cela se joue aux deux extrêmités de la chaîne.

 L'établissement qui affichait un recrutement social homogène a accentué son homogénéité : s'il accueillait classes moyennes et supérieures, ce sont les classes supérieures et très supérieures qui en sortent renforcées. Les établissements en situation déjà difficile se sont encore plus ghettoïsés, perdant leurs meilleurs éléments. C'est en allant sur le terrain, dans les établissements, qu'on peut prendre la mesure de l'impact de la réforme. Les statistiques peuvent cacher des réalités criantes !

 Quel est l'impact de cette dérégulation sur l'éducation prioritaire ?

 Il est important. Dans un lycée général de mon département, en Gironde, des enseignants m'ont raconté comment "l'effet rumeur" avait fragilisé leur établissement. Ce lycée de ZEP fonctionne grâce à une équipe pédagogique très investie, qui fourmille de projets. Mais des parents d'élèves ont trouvé qu'il y avait "trop" de mixité. Les élèves têtes de classe, avec leurs bons dossiers scolaires, ont intégré de bons lycées de centre-ville, à Bordeaux, où le recrutement est plus homogène.

 Il y a eu un impact sur les familles restantes mais aussi sur les enseignants qui subissent en quelque sorte une "double peine" : contrairement à ce qu'avait dit l'ancien ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos, les établissements qui ont perdu des élèves ont aussi perdu des moyens d'enseignement. Pour les enseignants, la frustration est importante : ils n'ont plus les élèves qui tirent la classe, se sentent stigmatisés et en plus non accompagnés. Ils se sentent à la merci de résultats en baisse dans les fameux classements de réussite au baccalauréat. Et cela alimente encore l'"effet rumeur". Un cercle vicieux est amorcé.

 Et en milieu rural ?

 Si l'éducation nationale se ghettoïse encore plus, en perdant des élèves et des moyens, les effets de l'assouplissement se font aussi sentir en milieu rural. Les parents qui en ont les moyens, ceux qui peuvent se déplacer, ne vont pas hésiter à fuir certains établissements pour aller dans le privé. L'offre scolaire privée renforce, pour certains établissements et en certains lieux, la logique déjà amorcée.

 Aux confins de la Dordogne, du côté de Sainte Foy-la-Grande, le problème est particulièrement prégnant. Quand on compare la Seine-Saint-Denis aux Hauts-de-Seine, c'est très visible également. A Nantes, trois collèges privés scolarisent 70 % des enfants favorisés, contre 3 à 9 % d'enfants défavorisés. En parallèle, les établissements publics scolarisent 66 % à 81 % d'élèves défavorisés. Les chiffres parlent d'eux-mêmes ! Certains établissements privés veulent favoriser la mixité, mais d'autres renforcent les logiques en jeu.

 La désectorisation est-elle plutôt une mesure de droite ou de gauche ?

 Il faut bien reconnaître que ce n'est pas très clair. On a des personnalités de la gauche – je pense évidemment à Ségolène Royal, lancée dans la course à l'Elysée en 2007 – favorables à son assouplissement. C'est vrai qu'il y a eu une époque où l'on pensait que le libre choix des familles entraînerait une régulation, un équilibre de fait. On s'aperçoit que ce n'est pas le cas.

 Vous concluez que la déréglementation a agi comme un catalyseur des inégalités qui existaient déjà, celles que tous les rapports, nationaux et internationaux, ont pointé du doigt ces dernières années...

 Il n'y a jamais eu, à ma connaissance, de rapport politique sur la carte scolaire. Les chiffres et enquêtes "officielles" font défaut. Tous les chercheurs que nous avons auditionnés nous l'ont dit : personne au niveau politique ne s'est emparé de cet objet difficile, un sujet éducation mais aussi sociétal, qui pose la question de l'équilibre des territoires. C'est rendre perceptible qu'une frange des Français se sent tenue à l'écart, n'a pas accès à la même qualité de services publics. Quand ça touche aux enfants, c'est encore plus criant. Il y a bien une discrimination sociale, territoriale, mais aussi scolaire, ne le nions pas.

 A-t-on intérêt à revenir à la situation antérieure ? Que préconisez-vous ?

 La situation antérieure ne fonctionnait pas. La sectorisation, rigide, était contournée depuis longtemps. S'il y a des stratégies d'évitement, c'est qu'il existe bien une forme de classement, fait nationalement mais aussi dans les têtes, l'idée bien ancrée qu'il existe de bons et de mauvais établissements. On a le sentiment que l'institution est tombée dans une forme de fatalisme, en disant : "C'est comme ça, donc on va vous autoriser à quitter cet établissement...".

 Quand on prend les meilleurs des boursiers pour leur "offrir une autre chance", ça me semble être un contresens, un signal catastrophique. En acceptant la possibilité d'un contournement, l'institution avalise cela. Je pense que l'éducation nationale doit reprendre la main, accepter qu'il existe des établissements avec de plus grandes difficultés que d'autres, et leurs donner des moyens.

 Autre effet pervers : le système des options, extrêmement rares ou attractives, qui sont accordées aux établissements en général les plus prestigieux, et qui renforcent leur attractivité. Je pense au russe, au japonais... : on ne trouve pas ça dans les établissements de ZEP. Il ne s'agit pas de supprimer mais de réorienter. On voit que les options sont essentiellement devenues des stratégies de contournement. On a trente demandes d'enfants pour faire du japonais en seconde dans tel lycée prestigieux... mais lors du bac, ils ne sont plus que cinq à la présenter. On voit bien que ça ne correspondait pas à un vrai choix d'enseignement, uniquement à un choix de l'établissement. Remettre à plat l'offre d'options est urgent.

 On ne reviendra pas en arrière, les parents sont attachés à un sentiment de liberté acquise – même si ce n'est qu'un sentiment, pas la réalité. Il faut donc concevoir des secteurs plus larges, où les parents pourront avoir le choix entre deux ou trois établissements, avec une affectation en fonction de critères transparents. Pour réguler, sur un secteur élargi, l'offre entre plusieurs établissements. Faut-il attribuer les mêmes dotations à un établissement qui attire toutes les classes supérieures d'un secteur et à celui qui accueille 90 % d'enfants de milieux défavorisés ? Cette question mérite d'être tranchée, car cette soi-disant égalité n'est pas source d'équité.

 Mattea Battaglia.

 

Source Le Monde du 27/06/2012.

http://www.lemonde.fr/ecole-primaire-et-secondaire/article/2012/06/27/carte-scolaire-il-y-a-bien-une-discrimination-sociale-territoriale-mais-aussi-scolaire-ne-le-nions-pas_1725263_1473688.html

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