Le ministre de l'Education ne zonera pas pour l'instant les vacances d'été, a-t-il indiqué vendredi matin sur RTL, répondant à l'inquiétude des professionnels du tourisme face à certaines propositions du rapport sur la refondation de l'école.

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Prélude à un projet de loi, le rapport sur la refondation de l'école estime que "pour respecter l'alternance sept semaines de cours/deux semaines de vacances (recommandée par les spécialistes de l'enfance), il conviendrait d'envisager soit la suppression du zonage de certaines petites vacances, soit le zonage de toutes les vacances". Ce zonage existe en France depuis 1964 : le pays est découpé en trois zones permettant d'étaler les vacances d'hiver et de Pâques sur quatre semaines, pour favoriser les activités touristiques, notamment celles liées aux sports d'hiver, et répondre aux impératifs de sécurité routière. Et face au possible bouleversement de ce calendrier, les professionnels du tourisme sont montés au créneau jeudi soir. Ils se sont notamment élevés contre l'idée d'un abandon du zonage des vacances d'hiver et de Pâques, invoquant "des conséquences graves" sur l'économie du tourisme.

Alors, zonage ou pas zonage ? Un véritable véritable casse-tête, compte tenu des enjeux divergents pour les professionnels du tourisme, les professionnels de l'éducation et les parents d'élèves notamment. Faudrait-il mettre fin au zonage pour les vacances d'hiver... ou y intégrer les vacances d'été ? Interrogé sur ce dernier point vendredi matin sur RTL, Vincent Peillon a écarté cette hypothèse... du moins dans l'immédiat.

Quel rôle pour les parents ?

"Pour l'instant, je crois que les vacances d'été telles qu'elles sont, nous ne sommes pas en capacité de les changer", a souligné le ministre de l'Education. "Mais je pense qu'au programme du travail que nous avons à accomplir dans les années qui viennent, cette question ne devra pas être taboue". Il a ajouté que pour l'instant la priorité du gouvernement était de résorber l'échec scolaire, le décrochage. Quant à la demi-journée supplémentaire induite par le retour à la semaine de quatre jours et demi à la rentrée 2013 en primaire, "ce sera d'abord le mercredi matin, mais il peut y avoir des dérogations" décidées localement, a-t-il réitéré.

Interrogé par ailleurs par des auditeurs sur la possibilité des parents d'élèves d'aider leurs enfants, le ministre a expliqué sa volonté de supprimer les devoirs à la maison. "Aujourd'hui beaucoup d'enfants n'ont pas la chance d'avoir (...) à la maison des gens qui peuvent les aider", a-t-il fait valoir. En outre, leurs journées "sont déjà très chargées", avec six heures de cours, la pause s'ils mangent à la cantine, éventuellement l'aide individualisée s'ils sont en difficulté, et ils rentrent donc "déjà très fatigués à la maison", avant même d'attaquer les devoirs. "C'est beaucoup plus que ce que recommandent les médecins", a-t-il souligné. "Quand les parents ne peuvent pas les aider en fonction de leur niveau culturel, ce sont des officines privées qui se développent beaucoup", mais "il faut avoir les moyens de les payer. C'est beaucoup d'injustice entre les enfants de France, beaucoup de fatigue et au total pas beaucoup de réussite". Selon le ministre, les devoirs "doivent se faire à l'école". Cela "ne vous interdira pas, Madame, bien entendu, de travailler avec votre fils, si vous le souhaitez", a-t-il indiqué.

Une autre auditrice s'inquiétait pour les activités du mercredi de son enfant compte tenu du retour à la semaine de quatre jours et demi en primaire. "L'ambition qui est la nôtre" est "de donner le nombre de jours nécessaire" pour apprendre à lire, écrire... a expliqué le ministre.

 

Source : LCI - Tf1 :

http://lci.tf1.fr/france/societe/rythmes-scolaires-et-vacances-d-ete-peillon-avance-a-pas-comptes-7580691.html